RTE - Une affaire de personnes et de compétences

RTE - Une affaire de personnes et de compétences
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publié le 25 janvier 2011

                                                                                         Entretien avec Anne Semain-Bandet, Responsable diversité handicap à RTE

Où en est l’entreprise en matière d’emploi des personnes handicapées ?

 

« Notre taux d’emploi de personnes en situation de handicap est passé de 2,6 à 3,2 % dans le cadre du précédent accord. C’est un chiffre encourageant pour une entreprise de notre taille et de notre secteur d’activité. Nous avons l’ambition de le porter à 4 % à l’issue de notre nouvel accord, afin de continuer à nous rapprocher progressivement de la cible des 6 %. »

 

Quelles sont les grandes lignes de l’accord 2009-2011 ?

 

« Au-delà de nos objectifs de recrutement et de recours au secteur protégé, nous insistons sur la nécessité de faire évoluer les représentations autour du handicap. Cela peut paraître banal, mais c’est crucial. Notre aspiration, c’est que l’intégration des personnes en situation de handicap dans l’entreprise reste avant tout une question de personnes et de compétences.

Pour bousculer les représentations et les pratiques, nous avons innové avec les partenaires sociaux par un dispositif qui permet à tout salarié de RTE de faire reconnaître son handicap (en toute confidentialité s’il le souhaite) au bénéfice d’associations. Il s’agit de donner du sens, une motivation supplémentaire et altruiste, au service de la reconnaissance et de la «dédramatisation» du handicap. »

 

Sur quoi devons-nous progresser ?

 

« Il faut continuer à apprendre et à communiquer sur le handicap. La clé, c’est d’en parler, car c’est encore un sujet tabou. Plus nous progressons dans la connaissance du handicap, loin des idées reçues et des généralisations, plus notre approche gagne en naturel et en respect. Quand on réalise que le handicap peut provenir de maladies courantes, comme le diabète, ou tout simplement du vieillissement, on l’appréhende sans doute plus facilement, car il paraît plus proche. Généralement, dans les entreprises, quand des difficultés d’intégration surviennent, les salariés ont collectivement tendance à les associer directement au handicap, alors qu’elles peuvent dépendre d’autres facteurs.

Et, à l’inverse, quand tout se passe bien, on tend tout aussi naturellement à « oublier » les handicaps des personnes intégrées dans l’entreprise : on ne voit plus que les professionnels de leur métier, avec leurs compétences. Or, notre objectif, au sein du Groupe national, n’est pas de faire « oublier » le handicap, mais simplement de le prendre en compte et d’essayer de compenser quand c’est nécessaire, possible et raisonnable. C’est important aussi de faire connaître la diversité des moyens à notre portée et la pluridisciplinarité de l’approche (correspondants handicap, partenaires sociaux, médecins du travail, experts...). C’est en confrontant les points de vue que l’on trouve les solutions. »